COP 17 : les objectifs fixés pour 2030 menacés

La 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP17), qui se tient du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, intervient dans un contexte préoccupant pour la préservation de la nature. Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, les progrès restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.
La protection de la biodiversité demeure l’un des grands défis environnementaux de la décennie. La dégradation des écosystèmes, la disparition progressive de certaines espèces, la déforestation et les pressions exercées par les activités humaines continuent de fragiliser les équilibres naturels. Face à cette situation, les États réunis à Erevan sont appelés à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements internationaux.
Adopté en décembre 2022, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal fixe une série d’objectifs destinés à enrayer l’érosion de la biodiversité. Parmi les principales ambitions figure la protection d’au moins 30 % des terres et des mers de la planète d’ici 2030, ainsi que la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés. Le dispositif prévoit également une réduction des subventions néfastes pour la nature et une mobilisation accrue des financements en faveur de la conservation.Mais à quatre ans de l’échéance, les résultats demeurent préoccupants. Selon les évaluations présentées à l’ouverture de la COP17, 22 des 23 cibles mondiales ne sont pas en bonne voie d’être atteintes.
Le financement constitue l’un des principaux points de blocage. Les pays en développement, particulièrement dépendants de leurs ressources naturelles, réclament un soutien international plus important pour protéger leurs écosystèmes, renforcer leurs politiques environnementales et accompagner les communautés locales. La question du transfert de technologies et du partage équitable des avantages issus des ressources génétiques figure également parmi les enjeux des discussions.Pour les pays africains, les enjeux sont particulièrement importants. Le continent abrite des écosystèmes essentiels à l’équilibre climatique mondial et à la survie de nombreuses espèces. Pourtant, la pression sur les forêts, les zones humides, les ressources en eau et les espaces côtiers demeure forte. Les besoins en financement et en accompagnement technique restent donc au cœur des attentes exprimées par les pays de la région.
En Guinée, la préservation des forêts, des bassins versants du Fouta-Djalon, des mangroves et des ressources marines constitue un enjeu majeur. La conciliation entre l’exploitation des ressources naturelles, notamment minières, et la protection des écosystèmes représente un défi important pour un pays dont le développement économique repose en partie sur la valorisation de son patrimoine naturel.
Thierno Amadou Diallo




